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Alexandre Gantier : l'histoire d'un résistant libre et baillarguois

Alexandre Gantier : l'histoire d'un résistant libre et baillarguois

Souvenez-vous, le 25 mai dernier, 4 grandes figures de la Résistance ont fait leur entrée au Panthéon : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay. Si un hommage public a été rendu à ces héros de la guerre, d'autres hommes et femmes de l'ombre ont également défendu les valeurs de la République. C'est le cas d'Alexandre GANTIER, né à Baillargues le 20 mars 1913.
Alexandre Gantier s’engage dans l’armée le 15 avril 1933 à Nîmes. A la déclaration de guerre, en septembre 1939, il est adjudant spécialiste télégraphiste à la Compagnie Télégraphique N°208/81 du 18e Régiment du Génie. Cette unité, placée dans le Secteur Fortifié de la Sarre (S.F.S.), participera aux derniers combats de l’armée française dans les Vosges où l’adjudant Gantier sera fait prisonnier le 23 juin 1940 à la Bourgonce.


Le maréchal des logis Alexandre Gantier photographié en 1935 alors qu’il sert au 19e régiment d’artillerie.
          
Livret individuel et livret matricule


Médaille et diplôme du Nichan-Iftikhar en tant que  lieutenant de la Garde Républicaine


Forbach septembre 1937, Alexandre Gantier viens d’être promu sergent-chef du service du Génie (télégraphiste) et il
est affecté à la Direction du Génie de Strasbourg. Le gendarme qui le dépose devant sa maison, sa fille Renée est à
gauche, lui a prêté son casque de motocycliste.



Une évasion en fanfare

Le 1er août 1940, il est dirigé dans le nord-ouest de l’Allemagne. De là, il effectuera plusieurs tentatives d’évasion dont la dernière sera couronnée de succès, réussissant à rejoindre le camp de Sathonay (Rhône-Alpes), le 20 février 1941. Cette évasion mérite d’être évoquée. L’adjudant Gantier était un excellent musicien, jouant du saxophone et de la clarinette. A l’occasion d’une visite de la Croix-Rouge Internationale et en accord avec les dirigeants du camp, les délégués de la C.R.I. organisèrent un intermède musical avec notamment quelques prisonniers musiciens dont Gantier. A leur départ, munis de leurs instruments, ils comptaient dans leurs rangs un musicien supplémentaire : l'adjudant Gantier. Après un long périple exténuant, arrivé en Zone Sud, notre évadé rejoint l’armée d’Armistice à Montpellier.

Au sein de la résistance
En juin 1942, Alexandre Gantier est contacté par le lieutenant-colonel Meresse qui le recrute dans son réseau de l’Armée Volontaire (A.V.) pour servir d’agent de renseignements. Il lui fournira des informations sur les mouvements de matériels, d’armes, sur les effectifs des troupes d’occupation... Le 13 août 1943 alors qu’il abrite chez lui deux jeunes réfractaires au S.T.O (qui s’avèreront être des agents de la police allemande), il est arrêté et emmené à la Kommandantur de Montpellier. Son épouse Marie, accompagnée de sa fille Renée (âgée de 12 ans) se précipitent à la Kommandantur afin d’obtenir des nouvelles. Sous surveillance allemande depuis un certain temps, tout le réseau du lieutenant Meresse est démantelé.

Résultat : la déportation en septembre 1943. Il est envoyé par le train, dans des conditions effroyables, au camp de Buchenwald, un des premiers camps nazis. Grâce à son expérience de spécialiste télégraphiste, il parvient à se faire transférer le 15 octobre 1943, au camp de Dora. Malgré la dureté des conditions de détention, il bâtit, sous la direction du général Petit, une organisation secrète de Résistance. Le camp fabriquait, entre autres, les fusées V1 et V2. Le réseau, composé essentiellement de militaires français détenus, s’activa à saboter le maximum de matériel ennemi. (suite)

Le 5 avril 1945, le camp de Dora est évacué et les prisonniers (déjà très affaiblis, le typhus ayant fait des ravages dans les rangs des détenus mais aussi des gardiens) sont enfermés dans des wagons de chemin de fer et dirigés vers une destination inconnue. Durant onze jours, à 137 hommes dans un seul wagon, sans boire ni manger, les limites de la résistance humaine sont atteintes. Arrivé à Ravensbrück le train s’arrête enfin, laissant sortir les survivants. Plus de la moitié des hommes sont morts et pour les survivants une marche épuisante, interminable commence. Le IIIe Reich étant à l’agonie, les gardiens SS finissent par abandonner leurs prisonniers sur la route. Surgit alors une colonne de chars soviétiques avec des grappes de moujiks juchés sur les blindés. L’état d’ébriété avancé des soldats de l’armée rouge ne laisse rien présagerde bon d’autant plus que des déportés
russes se trouvent dans le groupe. Les malheureux déportés seront obligésde rester plusieurs heures à genoux, les mains derrière la nuque, sous la menace des pistolets-mitrailleurs PPSH. Heureusement un véhicule de la Croix Rouge Internationale arrive accompagné d’un officier supérieur soviétique et négocie la prise encharge des survivants, à l’exception des Russes que les Soviétiques emmènent vers une destination inconnue(1). Il était temps, Alexandre Gantier ne pesait plus alors que 35 kilos !

Rapatrié le 16 mai 1945, il passera près d’un an en sanatorium pour retrouver unesanté correcte. Ce militaire de carrière sera nommé lieutenant le 25 décembre 1946 et après l’école de Gendarmerie intégreral’Arme en 1947. Affecté à la 11e Légion de la Garde Républicaine, Il assurera à partir du 29 mars 1948, au sein de la Gendarmerie les campagnes de maintien de l’ordre en Tunisie. Les missions consistaient notamment dans des escortes de convois au Fezzan (Libye) en protection des attaques des tribus nomades. Nommé capitaine, le 1er juillet 1955, il retourne en métropole pour prendre le commandement de l’E.H.R (Escadron Hors Rang) de la 7e Légion de Gendarmerie de Dôle (Jura). Fin juillet, il est envoyé au Maroc pour des opérations de maintien de l’ordre suite à différentes émeutes proindépendantistes. Il retourne définitivement en métropole fin septembre. Le capitaine Gantier occupera ensuite plusieurs postes en métropole, mais son état de santé,conséquence de la déportation, ne lui permettra pas la poursuite de sa carrière.Il prendra sa retraite le 1er février 1965.


Le lieutenant de Gendarmerie Gantier posant devant un char Somua S35 en Tunisie (1948/49).


Avec les hommes de son escadron lors d’une mission d’escorte à la frontière tunisolibyenne.



Sa carrière militaire lui vaudra de nombreuses décorations dont celle de commandeurde la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre 1939 avec palme, de la médaille de la Résistance, de la médaille des ServicesVolontaires dans la France Libre. Alexandre Gantier est décédé en 1998.

Textes et images par Laurent Berrafato
Extraits du magazine UNIFORMES n° 277 Août 2011 - Edité par Régi'Arm


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